Derrière le mot « droits sexuels » se cachent plusieurs libertés fondamentales : choisir son partenaire, décider d'avoir ou non des enfants, refuser une union forcée, accéder à la contraception et à l'IVG, vivre son orientation sans être criminalisé.
Sur ces cinq terrains, le continent avance à plusieurs vitesses. Cet état des lieux 2026 se veut un instantané, conscient qu'il sera obsolète en partie d'ici un an — dans un sens ou dans l'autre.
L'Afrique du Sud, référence constitutionnelle
L'Afrique du Sud reste, à ce jour, la référence constitutionnelle du continent. Sa Constitution de 1996 interdit toute discrimination fondée sur l'orientation sexuelle. Le mariage entre personnes de même sexe y est légal depuis 2006.
Cette avance juridique masque cependant des inégalités sociales fortes : les violences homophobes restent un fléau dans certains townships, et la loi protège mieux à Cape Town qu'à Bloemfontein.
Le droit suit rarement les pratiques, il les rattrape. Connaître ses droits reste, partout, la première des protections.
— L'équipe Meduza
Les dépénalisations récentes
Le Cap-Vert, le Gabon, l'Angola, le Botswana, le Mozambique ont récemment dépénalisé les relations entre personnes de même sexe. Maurice et la Namibie ont suivi en 2023-2024. Ces décisions sont le fruit d'années de plaidoyer juridique et de pression internationale.
Maroc, Algérie, Tunisie maintiennent des lois héritées de l'époque coloniale. Paradoxalement, c'est souvent la loi du colonisateur — abrogée chez lui — qui sert aujourd'hui à criminaliser.
Les durcissements
D'autres pays durcissent au contraire leur législation. L'Ouganda et le Ghana ont adopté en 2024 des lois aggravant les peines pour homosexualité. Au Nigeria, la loi de 2014 criminalise jusqu'à la simple association.
Sur le terrain des droits reproductifs, l'Afrique du Sud, le Cap-Vert, la Tunisie et le Mozambique autorisent l'IVG sur demande. La plupart des autres pays la limitent à des cas restreints (viol, danger pour la mère, malformation).
Le rôle des sociétés civiles
Entre les deux, des sociétés civiles se mobilisent, des juristes plaident, des artistes documentent. Au Kenya, l'organisation NGLHRC mène depuis plus d'une décennie un combat juridique constant. Ailleurs, des collectifs agissent en sourdine, sans confrontation frontale, parce que la loi protège peu les militants ouverts.
À retenir : le droit suit rarement les pratiques, il les rattrape. Connaître ses droits reste, partout, la première des protections.
